Les annonces indiquent trois heures. Voici comment elles se déroulent.
La première heure est consacrée à l’équipement et au briefing. Des chaussures assez rigides pour tenir un crampon — plus lourdes que tout ce que vous possédez — ainsi qu’une veste et un petit sac. Les crampons sont remis dans un sac ; ils se chaussent une fois sur place. Si vous arrivez sans lunettes de soleil, l’opérateur vous en prête une paire, et ce n’est pas une simple courtoisie : l’éblouissement sur la neige à treize cents mètres est intense.
Dix minutes de vol. Cinq dans chaque sens, et le trajet aller remonte la vallée Tasman en passant par la face est d’Aoraki. C’est la partie la moins importante de la journée, et elle vaut pourtant à elle seule le prix du billet.
Quatre-vingt-dix minutes de marche. Environ deux kilomètres et demi, en file indienne, sur un itinéraire tracé le matin même par un guide — car celui de la semaine dernière a bougé. Les crampons vous obligent à marcher à plat et légèrement écarté, et pendant les dix premières minutes, vous vous sentez ridicule. Puis tout s’enchaîne.
Le reste, c’est le terrain. Déchausser, rechausser, et la marche entre le bureau et l’hélisurface. Personne ne la photographie, et elle représente un tiers de l’excursion.